Vous quittez une location ? Le préavis fixe la date jusqu'à laquelle vous payez le loyer, et donc la fenêtre de votre déménagement. En location vide, il dure 3 mois. Il passe à 1 mois en zone tendue ou dans un cas prévu par la loi, à condition de le demander dans la lettre de congé. En meublé et en bail mobilité, c'est 1 mois, sans motif à donner.
Ce guide s'appuie sur la loi du 6 juillet 1989, le Code de procédure civile et les fiches de service-public.gouv.fr et de l'ANIL, consultées en octobre 2026. Pour un cas particulier, l'ADIL de votre département répond aux questions juridiques sur le logement.
Préavis de logement : la réponse en 30 secondes
| Votre situation | Durée du préavis | Condition |
|---|---|---|
| Location vide, cas général | 3 mois | Aucun motif à donner |
| Location vide en zone tendue | 1 mois | Écrire dans la lettre l'adresse du logement et que vous bénéficiez du préavis réduit ; joindre par précaution le résultat du simulateur officiel |
| Location vide, motif prévu par la loi | 1 mois | Préciser le motif et joindre le justificatif dès l'envoi |
| Location meublée (résidence principale) | 1 mois | Aucun motif à donner |
| Bail mobilité | 1 mois | Aucun motif à donner |
| Congé donné par le bailleur, location vide | 6 mois avant la fin du bail | Reprise, vente ou motif légitime et sérieux |
| Congé donné par le bailleur, location meublée | 3 mois avant la fin du bail | Reprise, vente ou motif légitime et sérieux |
Dans tous les cas, le délai part du jour de la réception de votre lettre, pas de son envoi. Il se termine le même jour du mois d'arrivée, ou le dernier jour de ce mois si ce jour n'y existe pas.
Location vide : 3 mois, sauf dans les cas prévus par l'article 15
L'article 15 de la loi du 6 juillet 1989 pose la règle : « Lorsqu'il émane du locataire, le délai de préavis applicable au congé est de trois mois. » Il prévoit aussi les cas où ce délai tombe à un mois.
| Cas prévu par l'article 15 | Ce que votre lettre doit contenir |
|---|---|
| 1° Logement situé en zone tendue | L'adresse du logement, la mention du préavis réduit à un mois et, par précaution, le résultat du simulateur |
| 2° Premier emploi, mutation, perte d'emploi, nouvel emploi consécutif à une perte d'emploi (les deux pendant le même bail) | Le motif et un justificatif |
| 3° État de santé, constaté par un certificat médical, qui justifie un changement de domicile | Le motif et le certificat médical |
| 3° bis Violences au sein du couple ou sur un enfant qui vit habituellement avec vous | Le motif, par lettre recommandée avec avis de réception, et l'une des pièces admises (ordonnance de protection, par exemple) |
| 4° Bénéficiaire du RSA ou de l'AAH | Le motif et un justificatif |
| 5° Attribution d'un logement social | Le motif et un justificatif |
La loi est stricte : le locataire « précise le motif invoqué et le justifie au moment de l'envoi de la lettre de congé. A défaut, le délai de préavis applicable à ce congé est de trois mois. » Un justificatif oublié peut donc coûter deux mois de loyer de plus.
Certaines situations restent à 3 mois, comme la démission, le départ à la retraite ou la fin de droits au chômage (F1168) ; le détail des motifs et de leurs justificatifs est dans notre guide du préavis réduit à un mois.
Cas à part : un logement en péril ou insalubre peut être quitté sans préavis, après avoir averti le bailleur des désordres et engagé les démarches pour obtenir les travaux (F1168).
Zone tendue : vérifiez votre commune en une minute
Une zone tendue regroupe des communes où la demande de logements est très supérieure à l'offre. Pour le préavis, seules comptent celles du premier tableau de l'annexe du décret n° 2013-392 du 10 mai 2013 (F1168). La règle ne concerne que la location vide (ou un logement soumis à la loi de 1948) : en meublé, le préavis est déjà d'un mois.
Cette liste change. Le décret n° 2023-822 du 25 août 2023 l'a actualisée : c'est pourquoi le simulateur vous demande si votre bail a été signé, reconduit ou renouvelé à partir du 27 août 2023. Le décret n° 2025-1267 du 22 décembre 2025, en vigueur depuis le 24 décembre 2025, l'a de nouveau mise à jour : il tient compte des fusions de communes et retire de la liste deux communes de Haute-Savoie, Boëge et Saint-André-de-Boëge.
Pour vérifier :
- Retrouvez la date de signature de votre bail, et celle de sa dernière reconduction ou de son dernier renouvellement.
- Ouvrez le simulateur officiel de service-public.gouv.fr : il vous demande cette date, puis votre commune.
- Lisez le résultat et gardez-en une trace.
La date du bail compte. Pour une commune sortie du classement, le simulateur l'écrit : si votre bail a été « signé, reconduit ou renouvelé depuis le 24 décembre 2025 », votre logement « n'est plus considéré en zone tendue » et le préavis est de 3 mois, sauf autre motif prévu par la loi. Une simple reconduction suffit.
Enfin, rien n'est acquis sans votre lettre : le préavis d'un mois s'applique « à la condition d'indiquer dans la lettre de congé l'adresse du logement loué et le fait de bénéficier d'un délai de préavis réduit à un mois » (F1168). Sans cette mention, c'est 3 mois.
Location meublée et bail mobilité : 1 mois, sans motif à donner
En meublé loué comme résidence principale, l'article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989 est simple : « Le locataire peut résilier le contrat à tout moment, sous réserve du respect d'un préavis d'un mois, y compris lorsque la durée du bail est réduite à neuf mois », ce qui vise par exemple un logement loué à un étudiant (F1168). Ni motif, ni justificatif, et la zone tendue ne change rien.
Le bail mobilité suit la même logique. Ce bail meublé de 1 à 10 mois, signé avec un occupant temporaire (étudiant, salarié en mission temporaire ou en formation professionnelle...), n'est ni renouvelable ni reconductible. Le locataire peut y mettre fin à tout moment avec un préavis d'un mois.
Modes d'envoi et point de départ du délai : les mêmes qu'en location vide.
Donner congé valablement : les modes d'envoi admis
L'article 15 prévoit trois façons de notifier le congé :
- la lettre recommandée avec demande d'avis de réception ;
- l'acte de commissaire de justice (anciennement huissier) : le délai court à sa signification, par exemple le jour du dépôt du congé dans la boîte aux lettres du bailleur (F1168) ;
- la remise en main propre contre récépissé ou émargement.
La lettre recommandée électronique est aussi valable si votre bailleur, quand c'est un particulier, a accepté ce mode d'envoi au préalable. Demandez-lui d'abord son accord par e-mail, en lui indiquant qu'il a 15 jours pour accepter ou refuser (F1168).
Le simple e-mail ne vaut rien : un préavis donné ainsi « n'est pas valide, même s'il est accepté par retour de mail par son destinataire » (F1168).
Dans la lettre, indiquez l'adresse du logement, votre décision de donner congé et la date à laquelle vous prévoyez de partir, à l'issue du préavis : l'ANIL la classe parmi les mentions à porter. Pour un préavis d'un mois, ajoutez le motif et son justificatif ; en zone tendue, la mention du préavis réduit à un mois et, par précaution, le résultat du simulateur. Chaque locataire qui part signe la lettre. Six modèles prêts à adapter, selon votre bail et votre motif, sont réunis dans notre article Lettre de préavis logement : 6 modèles à copier.
Dernier point : le congé est irrévocable. « Après avoir donné congé, vous ne pouvez plus changer d'avis », rappelle service-public.gouv.fr, sauf accord du bailleur ou de l'agence. N'envoyez la lettre qu'une fois votre prochain logement assuré.
Calculer la date de fin de votre préavis
Deux règles suffisent.
Le point de départ est le jour de la réception de la lettre recommandée, de la signification de l'acte ou de la remise en main propre (article 15). Pour un recommandé, c'est le jour où le bailleur « en prend possession ». Si la lettre lui est remise en retard, par exemple retirée plus tard au bureau de poste, « la fin du préavis est repoussée d'autant » (F1168).
Le point d'arrivée suit l'article 641 du Code de procédure civile. Un délai exprimé en mois « expire le jour du dernier mois […] qui porte le même quantième » que le jour de départ. « A défaut d'un quantième identique, le délai expire le dernier jour du mois. » Les week-ends et jours fériés comptent : si le préavis finit un dimanche, il finit ce dimanche-là, pas le lundi suivant (F1168).
Exemples tirés de la fiche F1168 de service-public.gouv.fr :
| Lettre reçue le | Durée du préavis | Fin du préavis |
|---|---|---|
| 5 septembre | 1 mois | 5 octobre à minuit |
| 5 septembre | 3 mois | 5 décembre à minuit |
| 30 janvier | 1 mois | 28 février, ou 29 février en année bissextile |
| 30 novembre | 3 mois | 28 février, ou 29 février en année bissextile |
Retenez-le : reçu le 5 septembre, un préavis d'un mois finit le 5 octobre, pas le 31 octobre.
Loyer et charges pendant le préavis
Si c'est vous qui donnez congé, vous devez le loyer et les charges pendant tout le préavis, même si vous partez avant (article 15). Exception : le logement est occupé avant la fin du préavis par un autre locataire, en accord avec le bailleur. Vous ne payez alors que jusqu'à son entrée dans les lieux.
D'où l'intérêt de faciliter les visites. Si votre bail le prévoit, le bailleur peut faire visiter le logement pendant le préavis, pour le vendre ou le relouer, jusqu'à deux heures par jour ouvrable, hors dimanches et jours fériés (ANIL).
Le dernier mois se paie au prorata : un préavis qui finit le 5 d'un mois de 30 jours fait payer 5/30e du loyer et des charges de ce mois (F1168). Les charges versées par provision ne sont soldées qu'après la régularisation annuelle. Vous ne pouvez pas déduire le dépôt de garantie de vos derniers loyers, et un loyer ou des charges impayés peuvent vous être réclamés pendant 3 ans à compter de la date où ils étaient dus, même après votre départ (F1168).
Si c'est le bailleur qui a donné congé, la règle s'inverse : vous ne devez le loyer et les charges que pour le temps où vous avez réellement occupé le logement (article 15).
Colocation et couple : qui donne congé, et jusqu'à quand on reste solidaire
En colocation avec un bail commun, chaque colocataire peut donner son propre congé, dans les mêmes formes et délais, et la colocation continue avec les autres (fiche F34661). Tout dépend de la clause de solidarité :
- avec clause, votre solidarité et celle de votre caution prennent fin à la date d'effet du congé « et lorsqu'un nouveau colocataire figure au bail ». À défaut, elles s'éteignent au plus tard six mois après cette date (article 8-1 de la loi de 1989). Tant que personne ne vous remplace, vous pouvez devoir la part d'un colocataire qui ne paie pas ;
- sans clause, vous payez votre part jusqu'à la fin de votre préavis.
Le colocataire qui part ne peut pas réclamer au bailleur sa part du dépôt de garantie : il s'arrange avec ceux qui restent (F34661). Si tout le monde part, envoyez un congé commun signé par tous, ou des congés individuels en même temps. Voir aussi notre guide pour déménager en colocation.
En couple, tout dépend du statut :
| Situation | Pour partir à deux | Si un seul part |
|---|---|---|
| Mariés | Congé donné ensemble | Le bail continue avec l'autre. Celui qui part reste solidaire jusqu'à la fin du préavis de l'autre, ou jusqu'à la mention du divorce à l'état civil |
| Pacsés, tous deux signataires | Congé donné ensemble | Solidaire jusqu'à la fin du Pacs ou jusqu'au départ de l'autre |
| Concubins, tous deux signataires | Congé donné ensemble | Avec clause de solidarité : jusqu'à 6 mois après la fin de son préavis, ou jusqu'à la fin de son préavis si un nouveau locataire arrive avant. Sans clause : jusqu'à la fin de son préavis, ou jusqu'à l'arrivée d'un nouveau locataire si elle a lieu avant |
Mariés, vous êtes tous deux titulaires du bail, même si un seul l'a signé avant le mariage (fiche F1159). Pacsés ou concubins, si un seul a signé, l'autre n'a pas de congé à donner, mais il doit partir au plus tard en même temps que le signataire, sauf nouveau bail accepté par le bailleur (F1168).
Quand c'est le propriétaire qui donne congé
Le bailleur ne peut donner congé que pour l'échéance du bail, et pour l'un de trois motifs : reprendre le logement pour y habiter ou y loger un proche (conjoint, partenaire de Pacs, concubin depuis au moins un an, ascendant ou descendant, les siens ou ceux de son conjoint, partenaire ou concubin), le vendre, ou un motif légitime et sérieux, notamment l'inexécution par le locataire de l'une de ses obligations (article 15).
| Congé du bailleur | Location vide | Location meublée |
|---|---|---|
| Préavis | 6 mois avant la fin du bail | 3 mois avant la fin du bail |
| Motifs admis | Reprise, vente, motif légitime et sérieux | Reprise, vente, motif légitime et sérieux |
| Texte | Article 15 | Article 25-8 |
À peine de nullité, le congé indique le motif et, pour une reprise, le nom et l'adresse du bénéficiaire et son lien avec le bailleur. En location vide, un congé pour vendre indique aussi, à peine de nullité, le prix et les conditions de la vente, et vaut offre de vente à votre profit pendant les deux premiers mois du préavis (article 15). En meublé, cette priorité n'existe pas (ANIL). En cas de contestation, le juge peut vérifier la réalité du motif.
Les protections. Sans offre de relogement adaptée à ses besoins et à ses possibilités, le bailleur ne peut pas donner congé à un locataire de plus de 65 ans dont les ressources sont sous un plafond réglementaire, ni à celui qui a à sa charge une personne de plus de 65 ans vivant dans le logement, sous conditions de ressources. Exception : le bailleur est une personne physique de plus de 65 ans, ou ses ressources sont sous ce plafond (article 15, III ; article 25-8, II). En location vide, la même protection bénéficie, sans cette exception, au locataire qui perçoit l'allocation journalière de présence parentale (enfant gravement malade, handicapé ou accidenté) et dont les ressources sont sous ce plafond (article 15, IV).
La sanction. Un congé « justifié frauduleusement » par une reprise ou une vente est puni d'une amende pénale pouvant atteindre 6 000 € pour une personne physique et 30 000 € pour une personne morale, et le locataire peut demander réparation de son préjudice (article 15, V ; article 25-8, III). Avant de contester, faites relire le congé par l'ADIL de votre département.
Du préavis au jour J : le rétroplanning du déménagement
La date de fin du préavis fixe tout le reste :
| Quand | Quoi faire | Bon à savoir |
|---|---|---|
| Dès la date de fin connue | Comparer les devis et réserver le déménageur | Quand réserver son déménageur |
| Avant le départ | Fixer la date de l'état des lieux de sortie | En cas de désaccord, un commissaire de justice peut l'établir, frais partagés par moitié (ANIL) |
| Avant le départ | Résilier électricité, gaz, eau (logement individuel) et téléphone | Qui prévenir en cas de déménagement |
| À la remise des clés | Donner votre nouvelle adresse et votre relevé d'identité bancaire | Sans nouvelle adresse, pas de pénalité de retard sur le dépôt (F31269) |
| Après la remise des clés | Attendre la restitution du dépôt de garantie | 1 mois si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, 2 mois sinon (F31269) |
Passé ces délais, comptés à partir de la remise des clés, le dépôt de garantie à rendre est majoré d'une somme égale à 10 % du loyer mensuel hors charges pour chaque mois de retard commencé (F31269).
Pour préparer cette étape, suivez notre guide de l'état des lieux de sortie et du dépôt de garantie, et la check-list déménagement pour ne rien oublier jusqu'à l'emménagement.
Les 6 erreurs qui allongent un préavis
- Ne pas écrire le motif. En zone tendue comme pour un motif personnel, la réduction se demande dans la lettre. Sans mention, c'est 3 mois.
- Oublier le justificatif. Le motif doit être justifié « au moment de l'envoi de la lettre de congé » (article 15). Joignez la pièce à la lettre.
- Laisser filer un recommandé revenu. Si le bailleur absent ne retire pas la lettre et qu'elle vous revient, « le congé n'est pas valable » (F1168) : le préavis n'a pas commencé. Renvoyez-le aussitôt, ou passez par un commissaire de justice.
- Donner congé par simple e-mail. Même accepté par le bailleur, il n'est pas valide. Par voie électronique, seule la lettre recommandée électronique est valable, avec l'accord préalable du bailleur s'il est un particulier.
- Croire qu'on peut annuler son congé. Sans l'accord du bailleur, c'est impossible. À la fin du préavis, le locataire est « déchu de tout titre d'occupation » (article 15).
- Compter depuis la date d'envoi. Le délai court à la réception, pas à l'envoi, et s'arrête au même quantième (article 641 du Code de procédure civile).
Ressources officielles
- Préavis et formalités du congé donné par le locataire, fiche F1168 : durées, motifs, envoi, date de fin.
- Simulateur : savoir si un logement est situé en zone tendue : selon la commune et la date du bail.
- Colocation : quelles sont les règles ? Fiche F34661 : départ d'un colocataire, solidarité.
- Dépôt de garantie dans un bail d'habitation, fiche F31269 : délais de restitution.
- ANIL, fin du bail en location vide : congé du locataire et du bailleur.
- ANIL, le réseau des ADIL : pour faire examiner votre situation par un juriste.