Déménagement industriel : déplacer un atelier et ses machines
Déplacer un atelier, c'est arrêter des machines en sécurité, les transporter, puis les remettre en service.
Par Valeriu Sirbu, fondateur de Mon Meilleur Déménageur
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Déplacer un atelier, c'est arrêter des machines en sécurité, les transporter, puis les remettre en service. Avant le démontage, chaque énergie se consigne, et toute opération sur l'installation électrique revient à un travailleur habilité. Les charges lourdes se déplacent avec des moyens mécaniques. Si une entreprise extérieure intervient, vous analysez les risques avec elle, et le chargement suit un protocole de sécurité écrit. Après le transfert, un pont roulant ou une potence remontés passent une vérification avant d'être réutilisés, et une installation électrique neuve ou modifiée pour les machines est vérifiée à sa mise en service.
Ce guide s'adresse au chef d'une entreprise qui transfère son atelier : machines-outils, établis, pont roulant ou potence, chariot élévateur. La plupart des règles citées visent l'employeur, pour la sécurité de ses salariés, et les entreprises qui interviennent dans son établissement. Pour le bail, le CSE, le siège social et les bureaux, lisez le guide du déménagement d'entreprise et celui du déménagement de bureaux.
Qui fait quoi quand on déménage un atelier ?
Trois acteurs se partagent le travail : vous et les entreprises extérieures, à qui le Code du travail donne un rôle précis, et le fabricant, par sa notice.
- •Vous, l'entreprise qui déménage. Dès qu'une entreprise extérieure fait intervenir des travailleurs dans votre établissement, vous êtes l'entreprise utilisatrice au sens de l'article R. 4511-1, et vous assurez « la coordination générale des mesures de prévention » (article R. 4511-5).
- •Les entreprises extérieures : déménageur, entreprise de levage, électricien, technicien du fabricant de la machine. Avant le début des travaux et sur place, le chef de chacune fait connaître à ses travailleurs les dangers auxquels ils sont exposés et les mesures de prévention prises (article R. 4512-15).
- •Le fabricant, par sa notice. Une machine est maintenue conforme aux règles de sa mise en service, « y compris au regard de la notice d'instructions » (article R. 4322-1), et elle se monte et se démonte en respectant les instructions du fabricant (article R. 4323-14). Retrouvez la notice de chaque machine avant d'y toucher, ou demandez-la au fabricant.
Avant l'opération, les employeurs font une inspection commune des lieux, des installations et des matériels (article R. 4512-2). Si votre entreprise a un CSE, il est informé de sa date au plus tard trois jours avant (article R. 4514-1). Les employeurs se communiquent la description des travaux, des matériels utilisés et des modes opératoires (article R. 4512-5), puis analysent ensemble les risques qui naissent de l'interférence entre leurs activités. Si ces risques existent, ils arrêtent d'un commun accord, avant le début des travaux, un plan de prévention (article R. 4512-6).
Ce plan est écrit dans deux cas : dès que l'opération des entreprises extérieures, sous-traitants compris, représente au moins 400 heures de travail prévisibles sur douze mois au plus, ou, quelle que soit sa durée, pour des travaux figurant sur la liste des travaux dangereux fixée par arrêté (article R. 4512-7). Cette liste, celle de l'arrêté du 19 mars 1993, vise notamment les travaux qui ont recours à des ponts roulants, à des grues ou à des transtockeurs, et ceux qui exposent au contact de pièces nues sous tension supérieure à la très basse tension. Si une entreprise extérieure se sert d'un pont roulant ou d'une grue dans votre atelier, en dehors du chargement et du déchargement, le plan de prévention est donc écrit, même pour une opération courte. La liste compte d'autres travaux qu'un transfert d'atelier peut rencontrer, comme la maintenance des équipements de travail soumis à vérification périodique (hors appareils de levage), par exemple une presse, ou le soudage oxyacétylénique sous permis de feu : lisez-la en entier avec chaque entreprise. Si aucun de ces travaux n'est prévu, faites le compte des heures avec les entreprises, et refaites-le si les travaux s'allongent. Quand le plan doit être écrit, il reste à la disposition de l'inspection du travail pendant toute la durée des travaux, et c'est à vous, entreprise utilisatrice, d'informer par écrit l'inspection du travail de l'ouverture des travaux (article R. 4512-12).
400 heures
Il est aussi écrit, quelle que soit la durée, pour les travaux de la liste de l'arrêté du 19 mars 1993, dont ceux qui ont recours à un pont roulant ou à une grue.
Source : Code du travail, article R. 4512-7, version en vigueur depuis le 01/05/2008 — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000018529783 ; arrêté du 19 mars 1993, article 1er — https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000179892 ; consultés le 30/10/2026
Le chargement et le déchargement suivent une règle à part. Quand l'entreprise extérieure transporte des marchandises vers un lieu extérieur à votre établissement, ou en provenance d'un tel lieu, ces opérations font l'objet d'un document écrit, le « protocole de sécurité », qui remplace le plan de prévention (articles R. 4515-1 et R. 4515-4). Pour ces opérations, l'inspection commune préalable n'est pas exigée (article R. 4515-1). Le protocole est établi avant l'opération, par un échange entre les employeurs (article R. 4515-8). Chaque protocole est daté et signé, et vous en tenez un exemplaire à la disposition du CSE et de l'inspection du travail (article R. 4515-11).
| Partie | Ce que le protocole de sécurité décrit, notamment | Article |
|---|---|---|
| Votre établissement (l'entreprise d'accueil) | les consignes de sécurité ; le lieu de chargement, ses accès et le stationnement, avec un plan et les consignes de circulation ; les matériels et engins utilisés ; les moyens de secours ; le responsable que vous désignez | R. 4515-6 |
| Le transporteur | les caractéristiques du véhicule, son aménagement et ses équipements ; la nature et le conditionnement de la marchandise ; les précautions particulières dues aux produits transportés | R. 4515-7 |
Une exception : ces règles ne s'appliquent pas aux chantiers de bâtiment ou de génie civil soumis à l'obligation de coordination, ni aux autres chantiers clos et indépendants (article R. 4511-3). Si votre nouveau local est encore un chantier de bâtiment soumis à cette coordination, vous coopérez alors avec le coordonnateur en matière de sécurité et de protection de la santé.
Avant le jour J : relever chaque machine et préparer le nouveau local
Le transfert se prépare machine par machine. Pour chacune, réunissez les informations ci-dessous : elles servent à la consignation, au choix du moyen de levage, au devis et au remontage.
| À relever | Où le chercher | À quoi cela sert |
|---|---|---|
| Modèle, numéro de série, année | plaque de la machine, factures | demander la notice ou une intervention au fabricant |
| Notice d'instructions | dossier de la machine, fabricant | démonter et remonter en respectant ses instructions (article R. 4323-14), transporter comme elle le prévoit |
| Masse et dimensions | plaque, notice | choisir le moyen de levage, contrôler portes, sols, quai et camion |
| Points de levage ou d'élingage | notice | lever sans déformer la machine ni la faire basculer |
| Énergies : électricité, air comprimé, hydraulique, masses suspendues, ressorts | notice, schémas électriques de la machine ; l'armoire ne s'ouvre que par un travailleur habilité | préparer la consignation |
| Fluides : huile, liquide de coupe, lubrifiant | notice | décider ce qui se vidange avant le transport |
| Ancrage au sol, scellement, calage | sur place | prévoir la dépose, puis le nouvel ancrage |
| Parties mobiles : table, chariot, broche, bras | notice | les immobiliser pour le transport, selon la notice |
| Réglages, programmes, étalonnage | commande de la machine, carnet d'entretien | les sauvegarder, puis les refaire après le remontage |
Le nouveau local se prépare en même temps. Les équipements de travail y sont installés de façon à permettre les opérations de production et de maintenance « dans les meilleures conditions de sécurité possibles » (article R. 4323-7) : réservez la place de l'entretien autour de chaque machine dès le plan d'implantation. Ils sont installés de manière à assurer leur stabilité (article R. 4323-6) : faites confirmer la capacité du sol avant d'y poser une machine lourde.
Enfin, l'employeur fait procéder à la vérification initiale des installations électriques « lors de leur mise en service et après qu'elles ont subi une modification de structure » (article R. 4226-14), par un organisme accrédité (article R. 4226-15). Si vous faites tirer de nouvelles lignes pour vos machines, cette vérification entre dans votre planning, au moment de leur mise en service.
Arrêter les machines : la consignation des énergies
Le démontage est le moment délicat. L'INRS le note pour les machines en général : « une part significative des accidents se produisent hors production lors de situations particulières telles que la maintenance, le nettoyage, le réglage, etc. des machines ».
Le Code du travail n'admet aucun travailleur à vérifier, nettoyer, régler, réparer ou faire une autre opération de maintenance sur un équipement en fonctionnement dont les organes en mouvement présentent un risque. Avant un travail à l'arrêt, « toutes mesures sont prises pour empêcher la remise en marche inopinée » (article R. 4323-15). Pour les machines qui n'étaient soumises à aucune règle de conception lors de leur première mise sur le marché, le Code du travail exige des dispositifs permettant « de les isoler de chacune de leurs sources d'alimentation en énergie » (article R. 4324-18) et une dissipation aisée des énergies accumulées (article R. 4324-20). Pour une machine soumise à la directive « machines », l'INRS rappelle que le fabricant doit installer ces dispositifs, comme un sectionneur cadenassable ou une vanne de purge cadenassable, et fournir les instructions adaptées (brochure ED 6109).
La méthode s'appelle la consignation. L'INRS la définit comme une « procédure de mise en sécurité destinée à assurer la protection des personnes et des équipements contre les conséquences de tout maintien accidentel ou de toute apparition ou réapparition intempestive d'énergie ou de fluide dangereux sur ces équipements » (brochure ED 6109, novembre 2020). Elle porte sur chaque énergie en présence, « électrique, fluidique ou mécanique », en quatre phases :
| Phase | Ce que c'est, selon l'INRS | Exemples cités par l'INRS |
|---|---|---|
| Séparation | séparer l'équipement de sa ou ses sources d'énergie ou de fluide sous pression | sectionneur cadenassable, fermeture des vannes |
| Condamnation et signalisation | garantir le maintien de la séparation par un verrouillage difficilement neutralisable, et signaler l'état de l'équipement en identifiant qui l'a condamné | cadenas, étiquette, pancarte |
| Dissipation, ou rétention et confinement | éliminer les énergies résiduelles, ou les retenir quand on ne peut pas les éliminer | « décharge d'un condensateur, élimination d'une pression », vidange ; « calage mécanique d'une masse suspendue » |
| Vérification et identification | s'assurer de « l'absence effective d'énergie ou de fluide, y compris l'énergie résiduelle dangereuse », et repérer avec certitude l'équipement consigné | vérification d'absence de tension |
Qui consigne ? L'INRS demande de « confier l'opération à du personnel spécifiquement formé », et rappelle qu'« en électricité, en plus de la formation, l'habilitation du personnel par le chef d'établissement est obligatoire ». Le Code du travail le pose : « Les opérations sur les installations électriques ou dans leur voisinage ne peuvent être effectuées que par des travailleurs habilités » (article R. 4544-9). L'habilitation, délivrée par l'employeur, « spécifie la nature des opérations » que le travailleur est autorisé à effectuer (article R. 4544-10). Débrancher une machine de l'armoire de l'atelier revient donc à un travailleur habilité pour cette opération. Quand une entreprise extérieure intervient, l'INRS indique que le chargé de consignation « est généralement désigné au sein de l'entreprise utilisatrice » ; s'il n'y a personne de compétent chez vous, l'INRS recommande de vous assurer que celui de l'entreprise intervenante a la qualification nécessaire et connaît vos installations.
Les fluides et les masses comptent autant que l'électricité. Un circuit d'air comprimé ou hydraulique peut garder de la pression une fois la machine arrêtée, et une table ou un bras peut descendre sous son propre poids. C'est la phase de dissipation ou de rétention, à faire avant que quiconque desserre un raccord ou une fixation.
Démonter, lever, charger : moyens mécaniques et conducteurs formés
Une machine lourde ne se porte pas. Le Code du travail demande à l'employeur d'utiliser « les moyens appropriés, et notamment les équipements mécaniques, afin d'éviter le recours à la manutention manuelle de charges par les travailleurs » (article R. 4541-3). Quand porter reste inévitable et que les aides mécaniques ne peuvent pas être mises en œuvre, un travailleur ne porte de façon habituelle plus de 55 kg que s'il a été reconnu apte par le médecin du travail, et jamais, de façon habituelle, plus de 105 kg ; pour les femmes, la limite est de 25 kg (article R. 4541-9). Ce sont des plafonds. Relevez la masse de chaque machine : la vraie question n'est pas le nombre de porteurs, mais le moyen de levage.
Ce moyen se choisit avec la notice et avec le sol. Les équipements de levage démontables ou mobiles sont utilisés de manière à garantir leur stabilité « compte tenu de la nature des appuis » (article R. 4323-29). Un quai, une dalle ancienne ou une rampe comptent autant que la capacité de l'engin.
La conduite des équipements de levage et des engins mobiles automoteurs « est réservée aux travailleurs qui ont reçu une formation adéquate » (article R. 4323-55). Pour certains équipements, il faut en plus une autorisation de conduite délivrée par l'employeur (article R. 4323-56). L'INRS les classe ainsi :
- •autorisation réglementairement obligatoire : grues mobiles, grues à tour, grues auxiliaires de chargement de véhicules, chariots automoteurs de manutention à conducteur porté, plates-formes élévatrices mobiles de personnes ;
- •autorisation recommandée : ponts roulants et portiques, chariots gerbeurs à conducteur accompagnant, transpalettes électriques… ;
- •autorisation conseillée, à l'appréciation de l'employeur : palans fixes, palans sur potence ou sur monorail…
Le transfert touche aussi ces autorisations. Selon l'INRS, l'autorisation de conduite « doit être revue et adaptée » en cas de modification du cadre de travail, dont le « transfert du conducteur sur un nouveau site d'utilisation ». Revoyez-la pour chaque conducteur qui en a une, avant la reprise dans le nouveau local.
Pour un objet lourd isolé, comme un coffre-fort ou une armoire forte, le guide déménager un objet lourd décrit le matériel de roulage. Il est écrit pour un particulier : dans votre atelier, la règle reste celle de l'article R. 4541-3, qui demande des moyens mécaniques plutôt que la force de vos salariés.
Remettre en service : quelles vérifications après le transfert ?
Tout dépend de l'équipement. Le Code du travail renvoie à des arrêtés la liste des équipements à vérifier « lors de leur remise en service après toute opération de démontage et remontage ou modification susceptible de mettre en cause leur sécurité » (article R. 4323-28). Pour les appareils de levage, c'est l'arrêté du 1er mars 2004.
Son article 20 impose la vérification lors de la remise en service dans plusieurs cas, dont : « En cas de changement de site d'utilisation », en cas de changement de configuration sur un même site, et après un démontage suivi d'un remontage. Elle comprend l'examen d'adéquation, le cas échéant l'examen de montage et d'installation, l'examen de l'état de conservation, puis une épreuve statique et une épreuve dynamique, que l'appareil et ses supports doivent subir sans défaillance (article 19).
Qu'est-ce qu'un site d'utilisation ? Pour l'INRS (brochure ED 6339, novembre 2019), c'est « l'emplacement permettant l'évolution de l'appareil lorsque celui-ci nécessite un support particulier », comme une poutre roulante, un monorail ou une potence, ou, sans support, la zone d'évolution de l'appareil limitée à l'établissement où il est employé. Changer d'atelier, c'est donc changer de site.
L'article 20 prévoit aussi des dispenses. Lisez-les avant de commander une vérification inutile, ou d'en oublier une :
| Équipement | Au changement de site | Arrêté du 1er mars 2004 |
|---|---|---|
| Pont roulant, portique, potence, palan motorisé sur monorail ou sur potence | vérification lors de la remise en service : examens, puis épreuves statique et dynamique | articles 19 et 20, I |
| Chariot élévateur, hayon élévateur, plate-forme élévatrice mobile de personnes, grue auxiliaire de chargement | dispensé, s'il a eu dans la même configuration d'emploi sa vérification de mise en service et une vérification générale périodique depuis moins de six mois | article 20, II |
| Appareil de levage mû à la main, non conçu pour lever des personnes, remis en place sur son support sans démontage (palan manuel, par exemple) | examen d'adéquation et examen de montage et d'installation seulement, s'il a eu une vérification générale périodique depuis moins de six mois, dans la même configuration | article 20, III ; le cas sans démontage est précisé par l'INRS (ED 6339, fiche 18) |
Un appareil manuel démonté puis remonté suit, selon l'INRS, la vérification de l'article 19 (brochure ED 6339, fiche 18).
La vérification générale périodique des appareils de levage a lieu « tous les douze mois », et tous les six mois pour certains appareils, dont ceux des deux dispenses ci-dessus (article 23). Elle est faite par des personnes qualifiées, de l'établissement ou non (article R. 4323-24), et ses résultats sont consignés au registre de sécurité (article R. 4323-25). Les accessoires de levage, comme les élingues, ont leur propre vérification périodique, tous les douze mois (article 24). Emportez le registre et les rapports : ce sont eux qui prouvent une dispense.
Pour les autres machines, tour, fraiseuse, perceuse ou scie, l'INRS est net : « Les autres machines ne sont pas soumises à ces dispositions. » Trois règles restent pourtant. Il est interdit de mettre en service ou d'utiliser un équipement de travail qui ne répond pas aux règles techniques de conception qui lui sont applicables (article L. 4321-2), et il est maintenu conforme, y compris au regard de sa notice (article R. 4322-1). La troisième vise directement le transfert : « Le montage et le démontage des équipements de travail sont réalisés de façon sûre, en respectant les instructions du fabricant » (article R. 4323-14). Le même article prévoit qu'une remise en service après une maintenance qui a demandé de démonter les dispositifs de protection « est précédée d'un essai permettant de vérifier que ces dispositifs sont en place et fonctionnent correctement ». Faites donc remonter chaque machine selon sa notice, par le fabricant ou un installateur, avec ses protecteurs et ses arrêts d'urgence, faites essayer ces dispositifs avant la reprise, et gardez une trace écrite de cet essai. Pour l'INRS, une vérification de l'état de conformité des équipements « avant leur première utilisation dans l'établissement » apporte des éléments factuels pour répondre à l'obligation de ne pas utiliser de machine non conforme.
Un cas à part : les presses mécaniques et hydrauliques pour le travail à froid des métaux, les massicots, les presses à balles et les autres équipements listés à l'article 1er de l'arrêté du 5 mars 1993 ne s'utilisent que si leur vérification générale périodique date de moins de trois mois, quand ils sont mus par une autre énergie que la force humaine et chargés ou déchargés à la main en production. Avant de relancer une presse, regardez la date de son dernier rapport.
La remise sous énergie se prépare aussi. L'INRS prévient que la déconsignation « ne consiste pas systématiquement à effectuer les opérations inverses de la consignation ». Avant le redémarrage normal, une phase d'essai est souvent nécessaire, pendant laquelle les sécurités doivent parfois être partiellement neutralisées, et « des mesures compensatoires adaptées doivent alors être mises en place ».
Informez enfin les salariés des risques dus aux équipements de leur environnement de travail et aux modifications qui les affectent (article R. 4323-2) : un atelier réimplanté est un environnement nouveau. Ce guide ne traite pas des équipements sous pression, comme le réservoir d'un compresseur : lisez leur notice et les règles qui leur sont propres avant de les déplacer.
Les démarches du transfert : adresse et installations classées
Le changement d'adresse se déclare en ligne. Depuis le 1er janvier 2023, les modifications d'une entreprise, dont le « changement d'activité, d'adresse », se font sur le guichet des formalités des entreprises (Service Public Entreprendre, fiche F24023). Pour le siège social et le bail, le guide du déménagement d'entreprise donne les délais.
Si l'activité de l'atelier relève des installations classées pour la protection de l'environnement, le transfert a ses propres démarches. Le Code de l'environnement le dit sans détour : « Tout transfert d'une installation soumise à déclaration sur un autre emplacement nécessite une nouvelle déclaration » (article R. 512-54), et une installation soumise à enregistrement demande un nouvel enregistrement (article R. 512-46-23).
À l'ancien emplacement, l'arrêt de ces activités est une cessation d'activité (article R. 512-75-1). L'exploitant notifie au préfet la date d'arrêt définitif « un mois au moins avant celle-ci » pour une installation soumise à déclaration (article R. 512-66-1), trois mois au moins pour une installation soumise à enregistrement (article R. 512-46-25), avec la liste des terrains concernés. Pour une installation soumise à autorisation, le délai est de trois mois au moins, et de six mois pour les installations de stockage de déchets, les sites de stockage géologique de dioxyde de carbone et les carrières (articles R. 512-39-1 et R. 512-35). Dans les trois régimes, la notification indique aussi les mesures prises ou prévues, avec leur calendrier, pour mettre le site en sécurité dès l'arrêt définitif (articles R. 512-39-1, R. 512-46-25 et R. 512-66-1, II). Au nouvel emplacement, la déclaration d'une installation est adressée au préfet « avant la mise en service de l'installation » (article R. 512-47).
Ce qui fait le prix d'un déménagement industriel
Aucun prix sérieux ne se donne sans connaître les machines. Voici ce qui fait varier un devis :
| Facteur | Pourquoi il pèse |
|---|---|
| Masse et dimensions des machines | elles décident du moyen de levage, du véhicule et du nombre de personnes |
| Accès au départ et à l'arrivée | portes, quai, rampe, sol, étage : un accès difficile demande plus de matériel ou de temps |
| Démontage et remontage | une machine peut partir en un seul bloc ou en plusieurs parties à réassembler |
| Intervenants en plus du déménageur | électricien habilité, entreprise de levage, technicien du fabricant |
| Vérifications de remise en service | un pont roulant, un portique ou une potence remontés passent examens et épreuves avant la reprise |
| Horaires | travailler hors des heures d'activité pour limiter l'arrêt de la production |
| Nombre de voyages | un transfert par lots, machine par machine, multiplie les trajets |
Planning type d'un transfert d'atelier
L'ordre compte plus que les dates : chaque étape suppose la précédente. Parmi les textes cités ici, seuls ceux des installations classées fixent un délai avant l'arrêt.
| Étape | Ce qui se fait | Qui | Texte |
|---|---|---|---|
| Préparer | relevé machine par machine, notices, plan d'implantation, capacité du sol, alimentations du nouveau local | vous, le fabricant, le propriétaire du local | R. 4322-1, R. 4323-6, R. 4323-7 |
| Déclarer | installation classée : nouvelle déclaration avant la mise en service, ou nouvel enregistrement ; cessation notifiée au moins un mois (déclaration) ou trois mois (enregistrement, autorisation ; six pour certaines autorisations) avant l'arrêt, avec les mesures de mise en sécurité ; changement d'adresse | vous | R. 512-47, R. 512-54, R. 512-46-23, R. 512-66-1, R. 512-46-25, R. 512-39-1 ; fiche F24023 |
| Coordonner | inspection commune et analyse des risques avec les entreprises qui travaillent dans l'atelier, plan de prévention, information de l'inspection du travail s'il doit être écrit ; protocole de sécurité pour le chargement, sans inspection commune | vous et chaque entreprise extérieure | R. 4512-2, R. 4512-6, R. 4512-7, R. 4512-12, R. 4515-1, R. 4515-4 |
| Arrêter | consignation de chaque énergie, vidanges, sauvegarde des réglages | personnel formé ; travailleur habilité pour l'électricité | R. 4323-15, R. 4544-9 ; INRS ED 6109 |
| Démonter et charger | dépose des ancrages, immobilisation des parties mobiles, levage, arrimage | entreprises extérieures, conducteurs formés et, si besoin, autorisés | R. 4323-14, R. 4541-3, R. 4323-55, R. 4323-56 |
| Transporter | véhicule et marchandise décrits dans le protocole de sécurité | le transporteur | R. 4515-7 |
| Réinstaller | mise en place, calage, ancrage, raccordements | fabricant ou installateur ; travailleur habilité pour l'électricité | R. 4323-14, R. 4323-6, R. 4544-9 |
| Vérifier et relancer | installation électrique neuve ou modifiée, remise en service des appareils de levage, contrôle de chaque machine, date de vérification des presses, autorisations de conduite revues, salariés informés | organisme accrédité pour l'électricité, personnes qualifiées pour le levage, fabricant, vous | R. 4226-14, R. 4226-15, arrêté du 1er mars 2004, arrêté du 5 mars 1993, R. 4323-2 |
Pour garder une activité pendant le transfert, vous pouvez déplacer par lots : les machines les moins critiques d'abord, les autres ensuite. Avant toute opération sur une machine, l'INRS demande d'intégrer à l'analyse des risques, par exemple, une « autre partie d'atelier restant en fonctionnement ». Le guide déménager un commerce traite de la même question sous l'angle des jours de fermeture.
Checklist de sécurité du transfert
Notice d'instructions de chaque machine retrouvée, ou demandée au fabricant
Masse, dimensions, points de levage et énergies relevés machine par machine
Inspection commune et analyse des risques faites avec chaque entreprise extérieure qui travaille dans l'atelier (le transporteur, pour le seul chargement, en est dispensé)
Plan de prévention écrit si l'opération atteint 400 heures prévisibles sur douze mois, ou dès qu'elle fait appel à un pont roulant, à une grue ou à un autre travail de la liste des travaux dangereux
Inspection du travail informée par écrit de l'ouverture des travaux, quand le plan de prévention doit être écrit
Protocole de sécurité écrit, daté et signé, pour le chargement et le déchargement
Consignation de chaque énergie par du personnel formé, l'électricité par un travailleur habilité
Moyen mécanique prévu pour chaque charge lourde, conducteurs formés et, si besoin, autorisés
Installation électrique neuve ou modifiée vérifiée par un organisme accrédité
Machines remontées selon les instructions du fabricant, protecteurs essayés avant la reprise
Vérification de remise en service des ponts roulants, portiques et potences remontés
Vérification périodique de moins de trois mois pour chaque presse ou massicot motorisé chargé à la main, avant de le relancer
Dispenses des appareils mobiles prouvées par le registre de sécurité
Autorisations de conduite revues pour le nouveau site
Salariés informés des risques de leur nouvel environnement de travail
Installation classée : cessation notifiée avec les mesures de mise en sécurité, nouvelle déclaration avant la mise en service ou nouvel enregistrement
Changement d'adresse déclaré sur le guichet des formalités des entreprises
Demander des devis pour déplacer un atelier
Une entreprise de déménagement qui reçoit votre demande peut ne pas déplacer de machines, ou seulement certaines. Votre demande de devis décrit le trajet, le local, la date et le volume, et un champ libre, court, permet d'y signaler les objets qui demandent une attention particulière : notez-y que vous déplacez un atelier, le nombre de machines et la plus lourde. Préparez le détail pour l'entreprise qui vous répond, et faites écrire dans le devis ce qu'elle prend en charge et ce qu'elle laisse à d'autres :
- •chaque machine, avec sa masse, ses dimensions, ses énergies et ses ancrages ;
- •les accès, au départ comme à l'arrivée : portes, quai, sol, étage, stationnement du camion ;
- •qui consigne, qui débranche et rebranche, qui remonte, qui vérifie ;
- •les dates, et les contraintes de production : lots, horaires ;
- •le protocole de sécurité à établir pour le chargement.
Une machine peut valoir cher : faites écrire au contrat la valeur déclarée de chacune, et lisez la limite d'indemnisation qu'il prévoit. La méthode pour estimer une valeur de remplacement, écrite pour un particulier, est dans le guide de la déclaration de valeur. Vérifiez aussi avec votre assureur ce que votre propre contrat couvre pendant le transfert.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un déménagement industriel ?+
C'est le transfert d'un site de production : un atelier, ses machines, ses moyens de levage, son stock. À la différence d'un déménagement de bureaux, il faut arrêter et consigner les énergies des machines, les lever avec des moyens mécaniques, coordonner les entreprises qui interviennent, puis vérifier avant de relancer. Plusieurs de ces étapes ont leur base dans le Code du travail et dans l'arrêté du 1er mars 2004 sur les appareils de levage.
Faut-il refaire vérifier un pont roulant après un déménagement ?+
Oui. L'arrêté du 1er mars 2004 impose une vérification lors de la remise en service d'un appareil de levage en cas de changement de site d'utilisation, et après un démontage suivi d'un remontage (article 20). Elle comprend des examens, puis une épreuve statique et une épreuve dynamique, que l'appareil et ses supports doivent subir sans défaillance (article 19). Elle a lieu avant que le pont serve de nouveau.
Un chariot élévateur doit-il être revérifié quand l'atelier déménage ?+
Pas forcément. Au changement de site, l'arrêté du 1er mars 2004 dispense de la vérification de remise en service les chariots élévateurs et d'autres appareils qu'il énumère, comme les hayons élévateurs ou les plates-formes élévatrices mobiles de personnes, s'ils ont eu, dans la même configuration d'emploi, leur vérification de mise en service et une vérification générale périodique depuis moins de six mois (article 20). Gardez le registre de sécurité pour le prouver. L'autorisation de conduite du cariste, elle, est à revoir pour le nouveau site, selon l'INRS.
Qui peut débrancher les machines avant le déménagement ?+
Pour tout ce qui touche à l'installation électrique, un travailleur habilité : le Code du travail réserve aux travailleurs habilités les opérations sur les installations électriques ou dans leur voisinage (article R. 4544-9). L'habilitation est délivrée par l'employeur et précise les opérations autorisées. Les autres énergies, air comprimé, hydraulique ou masses suspendues, se consignent aussi, par du personnel formé, selon la méthode décrite par l'INRS.
Un plan de prévention est-il obligatoire pour déménager un atelier ?+
Quand une entreprise extérieure intervient dans votre atelier et que l'analyse commune fait apparaître des risques d'interférence, oui (article R. 4512-6). Il est écrit dès 400 heures de travail prévisibles sur douze mois, ou, quelle que soit la durée, pour certains travaux dangereux, dont le recours à un pont roulant ou à une grue (article R. 4512-7). Vous informez alors par écrit l'inspection du travail de l'ouverture des travaux (article R. 4512-12). Le chargement et le déchargement relèvent d'un protocole de sécurité écrit (article R. 4515-4).
Faut-il un CACES pour déplacer les machines ?+
Les articles R. 4323-55 et R. 4323-56 du Code du travail ne citent pas le CACES. Ils exigent une formation adéquate pour conduire un équipement de levage ou un engin mobile automoteur, et une autorisation de conduite délivrée par l'employeur pour certains équipements, notamment, selon l'INRS, les chariots automoteurs à conducteur porté et les grues auxiliaires de chargement. Sa validité suppose aussi une attestation du médecin du travail, valable cinq ans, d'absence de contre-indication médicale. L'INRS indique que le CACES contribue au respect de cette obligation.
Combien coûte un déménagement industriel ?+
Aucun prix sérieux ne se donne sans connaître les machines. Le devis dépend de leur masse et de leurs dimensions, des accès, du démontage et du remontage, des moyens de levage, des intervenants en plus du déménageur, comme un électricien ou le fabricant, des vérifications de remise en service et des horaires. Signalez l'atelier et vos machines dans votre demande, puis donnez le détail à l'entreprise qui vous répond : plus la description est précise, plus le devis peut l'être.
Faut-il déclarer le déménagement de l'atelier ?+
Oui, au moins le changement d'adresse : depuis le 1er janvier 2023, les modifications d'une entreprise, dont le changement d'adresse, se déclarent sur le guichet des formalités des entreprises. Si l'activité relève des installations classées soumises à déclaration ou à enregistrement, le transfert demande aussi une nouvelle déclaration ou un nouvel enregistrement au nouvel emplacement, et la cessation à l'ancien emplacement se notifie au préfet à l'avance. Pour une installation soumise à autorisation, le délai de notification est de trois mois au moins, six pour certaines (article R. 512-39-1), et la notification décrit la mise en sécurité du site.
Sources et références
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage — articles 19, 20, 23 et 24, texte lu dans sa reproduction par l'INRS (brochure ED 6339, annexe B), https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000439029, consulté le 30/10/2026
- Légifrance — « Arrêté du 19 mars 1993 fixant, en application de l'article R. 4512-7 du code du travail, la liste des travaux dangereux pour lesquels il est établi par écrit un plan de prévention », article 1er (5°, 8°, 10° et 21°), https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000179892, consulté le 30/10/2026
- Arrêté du 5 mars 1993 soumettant certains équipements de travail à l'obligation de faire l'objet des vérifications générales périodiques — article 1er, texte lu dans sa reproduction par l'INRS (brochure ED 6339, annexe C), https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000874070, consulté le 30/10/2026
- Code du travail — articles L. 4321-2, R. 4322-1, R. 4323-2, R. 4323-6, R. 4323-7, R. 4323-14, R. 4323-15, R. 4323-24, R. 4323-25, R. 4323-28, R. 4323-29, R. 4324-18 et R. 4324-20 (équipements de travail), versions en vigueur depuis le 01/05/2008, https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000018531467 pour l'article R. 4323-28, textes lus sur https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/r4323-28, consulté le 30/10/2026
- Code du travail — articles R. 4323-55 (version du 01/05/2008) et R. 4323-56 (version en vigueur depuis le 01/10/2025), conduite des équipements de levage, https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000051500371, consulté le 30/10/2026
- Code du travail — articles R. 4541-3 et R. 4541-9 (manutention manuelle des charges), versions en vigueur depuis le 01/05/2008, https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000018528889, consulté le 30/10/2026
- Code du travail — articles R. 4511-1, R. 4511-3, R. 4511-5, R. 4512-2, R. 4512-5, R. 4512-6, R. 4512-7, R. 4512-12 et R. 4512-15 (versions en vigueur depuis le 01/05/2008) et R. 4514-1 (version en vigueur depuis le 01/01/2018), entreprises extérieures, https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000018529783 pour l'article R. 4512-7, consulté le 30/10/2026
- Code du travail — articles R. 4515-1 et R. 4515-11 (versions en vigueur depuis le 01/01/2018), R. 4515-4, R. 4515-7 et R. 4515-8 (versions en vigueur depuis le 01/05/2008), R. 4515-6 (version en vigueur depuis le 16/03/2009), protocole de sécurité, https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000018529684 pour l'article R. 4515-4, consulté le 30/10/2026
- Code du travail — articles R. 4226-14, R. 4226-15 et R. 4544-9 (versions en vigueur depuis le 01/07/2011) et R. 4544-10 (version en vigueur depuis le 01/10/2025), électricité, https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000022849102 pour l'article R. 4544-9, consulté le 30/10/2026
- Code de l'environnement — articles R. 512-35, R. 512-39-1, R. 512-46-23, R. 512-46-25, R. 512-47, R. 512-54, R. 512-66-1 et R. 512-75-1 (installations classées), versions en vigueur au 30/10/2026, https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000031624269 pour l'article R. 512-54, consulté le 30/10/2026
- INRS — « Consignations et déconsignations », brochure ED 6109, novembre 2020, https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=ED%206109, consulté le 30/10/2026
- INRS — « Vérifications réglementaires des machines, appareils et accessoires de levage », brochure ED 6339, novembre 2019, https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=ED%206339, consulté le 30/10/2026
- INRS — « Autorisation de conduite », dossier Caces, page mise à jour le 30/07/2026, https://www.inrs.fr/demarche/caces-certificat-aptitude-conduite-securite/autorisation-conduite.html, consulté le 30/10/2026
- INRS — « Machines : ce qu'il faut retenir », page mise à jour le 12/10/2022, https://www.inrs.fr/risques/machines/ce-qu-il-faut-retenir.html, consulté le 30/10/2026
- Service Public Entreprendre — « Création, modification ou cessation d'activité : à qui faut-il s'adresser ? », fiche F24023 (état du 11/02/2025), https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F24023, consulté le 30/10/2026
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